L’est Parisien par le photographe Reza

Le photographe iranien Reza a sillonné tous les pays du monde pour en rapporter les plus beaux clichés. Conflits, paysages, population, tout est sublimé dans son objectif. Au cours des trois derniers mois, il a couvert les soulèvements au Caire en Egypte pour le National Geographic et a exposé dans le New Jersey. Il est aussi parti en Sicile, à Librino, banlieue populaire de la ville de Catane, où il a initié un programme de formation à la photographie destiné aux jeunes. Les yeux ouverts sur le monde, passionné par les voyages, Reza finit toujours par revenir à Paris, où il a élu domicile depuis vingt ans. Après la rue Oberkampf dans le XIe, le canal Saint-Martin dans le Xe, le Pré-Saint-Gervais, il a finalement posé ses valises dans le XXe, près de Télégraphe. “Le XXe ressemble à mon monde, un monde multi-culturel, avec des Africains, des Tunisiens, des Indiens, des Cambodgiens…C’est aussi le dernier refuge des artistes”. En attendant la publications de plusieurs ouvrages à la rentrée, Reza revient dans sa ville d’adoption, “la ville des plus belles lumières”, où il a ses bonnes adresses.

Le site internet de Reza : www.rezaphotography.org

SES LIBRAIRIES
Librairie Kharavan, 14, cours de Vincennes, XIIe. Tél : 01 43 43 76 90 et Librère: 111 bd Ménimontant, XIe
“Deux librairies que j’aime car elles sont le fait de résistants : il faut avoir cette graine de résistance pour ouvrir des librairies à l’heure où l’on peut acheter sur Internet ou on va au supermaché comme la Fnac. Surtout dans des quartiers populaires. Je pense à la librairie Kharavan pour son choix éclectique, riche, profond, tenu par un coupe d’Iraniens en exil qui sont entré en lutte à travers les livres. Et un petit plus pour les persanophones : des merveilles de la littérature, de la poésie, de la philosophie en persan. Je pense aussi à un autre temple des mots : Librère, une toute petite librairie où on peut venir prendre son café le matin, où mes enfants se sont arrêtés sur le chemin de l’école pour “regarder les images” puis déchiffrer et enfin lire avant de repartir. Hafid, le libraire est un poète, un tendre fou, artiste dans l’âme qui fait des vitrines thématiques qui sont déjà une invitation à d’autres mondes.”

SA PAUSE
L’église Notre-Dame-de-la-Croix de Ménilmontant

“Quand je suis à Paris, aux premiers rayons de soleil, sur la tranquille petite place Ménilmontant, au bas des marches de l’église Notre-Dame-de-la-Croix Ménilmontant, je m’installe sous les arbres à la grande terrasse d’un café, je bois un thé à la menthe entouré des odeurs du tabac qui s’échappent des narguilés. Un air d’Orient dans Paris.”

SA PROMENADE
Les hauts de Belleville

“Il faut emprunter la rue des Envierges, dans le XXe et se laisser surprendre. Là, sur les Hauts de Belleville, avant le parc du même nom, les mamas en boubou entourés d’enfants, les Algériens à la retraite qui prennent le frais, les jeunes artistes branchés, les couples avec enfants, les Indiens, les vieilles dames françaises esseulées qui sont descendues de leur 6ème étage sans ascenseur, les bandes de jeunes blacks-blanc-beurs partagent sans doute le même moment d’éternité: une vue imprenable sur Paris et au loin, une grande dame de fer qui scintille la nuit, à l’heure sonnée.”

SON CENTRE CULTUREL
Pouya, 48, bis quai de Jemmapes, Xe. Ouvert tous les jours de 10 heures à 23 heures. Infos: 01 42 08 38 47 oupouya.org

“Sur le canal Saint-Martin, j’aime aller aux rencontres musicales du centre Pouya. Un endroit où l’on peut aussi se poser, prendre un thé et écouter entre autres, le daf d’Abbas Bakhtiari, le maître des lieux, retentir, où voir danser en derviche Shakhroh…”

SON RESTAURANT INDIEN
Aarchna, 19 rue du Télégraphe, XXe. Prix : Entre 7€ et 20€. Infos : 01 40 33 06 57 ou aarchna.com

“Je me suis installé dans le XXe un jour de l’été 1991. Bientôt vingt ans. C’était l’année d’ouverture d’un restaurant indien , tout près de chez moi, rue du Télégraphe. La nourriture y est délicieuse. A tel point, qu’une année, il fut nommé Fourchette d’or.”


Mise à jour sur le site de Métro du 05/04/11


This entry was posted in Culture. Bookmark the permalink.